Nous avons ici un ami franco-minorquain, du nom de Patrick. Il y a quelques semaines, il nous annonce qu'il avait retrouvé lors de son déménagement, et datant de plusieurs années, une bouteille de Loupiac, et qu'il aimerait bien la partager avec nous. Mon compagnon voulant honorer cette bouteille, et selon apparemment les "traditions", il voulait absolument du fois gras et du magret de canard pour accompagner le breuvage. Nous voilà donc partis à chercher les fameux mets sur l'île... Autant vous dire que trouver du fois gras en pleine Méditerranée relève du défi ou de l'exploit, c'est selon. Il finit par en trouver, dans un delicatessen et le magret, plus facile à dénicher, dans un simple supermarché. Nous voilà donc attablés un midi en pleine semaine devant notre bouteille et notre foie gras à pas moins de... 38°. Autant vous dire que la situation était un peu surréaliste ; manger, ici, ce mets de Noël en plein été. Un peu bizarre et sentiments mitigés entre l'envie de partager ce mets, ce qu'il vous rappelle, et le truc qui ne colle pas.

Après quelques verres et à cause de la chaleur, nous voilà tous les trois à rire un peu bêtement. Mais finalement, cette semi-improvisation et ce décalage étaient juste parfaits, surtout que la voisine, arrivant ici par hasard, s'est jointe à nous, animant encore  plus la conversation et les échanges. Ma sœur qui m'appelle plus que rarement, m'a curieusement appelé ce jour-là au beau milieu du repas et tard le soir une amie partie pour quelques temps aux États-Unis m'a Skypé. Journée parfaite où tout s'enchaîne harmonieusement sans l'avoir prévu.

Et me voilà, depuis plusieurs jours, à finir les restes de ce foie gras. Et chaque midi, en voyant la tranche dans mon assiette (que je n'ai toujours pas vraiment envie de manger vu la chaleur), je me marre en pensant que, quand même, manger du foie gras en plein mois de juillet aux Baléares, c'est quand même un peu fort... !