Il existe de ces moments que je qualifierais de « célestiaux » où l’on trouve la position exacte pour lire dans notre lit, où le livre que l’on commence à lire nous émerveille. Bien emmitoufflée sous les couvertures, juste le visage à l’air, alors que l’on sait qu’il fait froid dans la maison, les mots nous ravissent.

Les petits plaisirs de la vie décrits par chapitre. Le couteau de notre grand-père que l’on visualise parfaitement au fil des mots, l’intérieur humide des cosses de petits pois, la joie du gâteau que l’on va chercher le dimanche.

On sourit, sous les couvertures, toujours émerveillée par l’habileté qu’ont certaines personnes d’observer ces détails du quotidien et de les décrire avec justesse.

Emerveillée, aussi, de voir que l’on n’est pas seule sur terre à partager ces plaisirs, mais que moi, lectrice, je ne me rendais pas compte qu’ils étaient des plaisirs, ni même qu’ils étaient ancrés dans ma mémoire.

Ces souvenirs sont pourtant si vieux. Des vacances d’enfance à la ferme où, comme le décrit P. Delerme, mon grand-père prenait lui aussi son café dans un verre. Se rendre compte que tous ces éléments, qui nous semblaient alors d’une banalité ennuyeuse, sont uniques, d’un contexte et d’une époque peut-être révolue.

Refermer le livre, caresser la couverture et se sentir toujours aussi bien. Moment célestial. Etendre les minutes pour que ce moment ne s’arrête jamais, mais finalement à tellement le forcer, il s’achève seul.

Alors écouter Jean Sebastien Bach, ce morceau joué par Yoyoma et découvert sur le blog de la fille de Tous les jours dimanche, et remercier ces personnes d’avoir partagé un bout de leur vie sur Internet. Cette musique me transporte et sans elle(s) je ne l’aurais peut-être jamais connu.

 

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